Visez la galère des visas !

Fastidieuse et chronophage, la case « obtention de visas » est aussi pénible qu’interminable, surtout pour moi, Salma.  A tel point que je n’avais jamais autant envié Georges pour sa simple nationalité de Français. Du coup, on va pas se mentir, ce papier ne sera pas le plus glam’, mais pas le moins utile. On vous y raconte nos expériences, et l’état d’avancement inhérents à l’obtention de ces sésames, à 10 jours du grand départ.

Pour info, ce papier sera réactualisé au grès de nos pérégrinations

La plupart des visas de pays en développement (PED) ont une durée de validité de trois mois, et peuvent être demandés depuis Paris. Le coup de feu du marathon administratif a donc eu lieu en février. Et le délire a pris des proportions tellement énormes, au vu de la tonne de paperasse à remplir, que j’en suis presque venu à baisser les bras.

De son côté, Georges a bien moins galéré. Son avantage : le carnet pourpre barré de la mention « RF » qui va bien. Procédures plus rapides – voire en ligne -, moins coûteuses, et bien plus légères en termes administratifs. De quoi me rappeler d’où je viens…

Moi, Salma, marocaine de son état, passeport vert bouteille et teint « marron », comme un certain Dindon se plaît à me le rappeler. Affectueusement cependant.

Cependant, cependant… pas d’exemption de visa pour Salma. Pffff !

Bon, pour être tout à fait clair, dans mon cas précis, et parmi les pays pays que nous visiterons, le visa peut être réalisé à l’entrée des pays suivants :  Malaisie, Singapour, Indonésie, Brésil, Equateur et Cuba (il vous y sera toujours demandé une somme d’argent, et n’oubliez jamais de toujours conserver quelques photos d’identité, et un justificatif de sortie du pays et de logement, si vous en possédez). Pour le reste, nous ne sommes que le 20 juin. Et par conséquent, nous sommes dans l’incapacité de voir au-delà de l’Asie et de l’Océanie, d’autant que les conditions d’obtention de visas sont bien moins drastiques en Amérique (si tant est que l’on ait son visa US, voir ci-dessous).

Pour tout le reste, voici, pays par pays, ce que l’on a fait, ce qu’il nous reste à faire, et ce que l’on n’a pas à faire parmi les quelques pays où aucun droit d’entrée n’est demandé.

Népal (conditions d’obtention similaires)

Le même formulaire est à retirer et à remplir au consulat du Népal de Paris. Bureaux ridicules, efficacité maximale. Obligation de déposer son passeport (comme dans pas mal de cas), de fournir deux photos aux normes françaises, plus un petit billet de 25 euros par tête de dindon. En deux jour ouvrés, le tour est joué. Je récupère nos passeports plus une petite feuille de 5 par 3 en noir et blanc serti d’un cachet bleu. Smooth !

Vietnam (conditions d’obtention différentes)

Georges : Pour un séjour de moins de 15 jours, aucun visa n’est demandé en vertu d’un accord renouvelé chaque année, et qui devrait être prolongé à partir du 1er juillet.

Salma : Formulaire à télécharger et imprimer sur le site de l’ambassade, ou a retirer sur place et remplir, en plus d’une photo d’identité classique, d’une copie du passeport, et d’un petit petit billet de 60, uniquement payable en cash. Merci le Vietnam ! Délai d’obtention : 2 semaines (je l’ai retiré sur place).

L’Inde (conditions d’obtention similaires)

Pour ce qui est de l’Inde, ce fut assez chaotique. Premier écueil : une photo aux normes propre au pays (5cmx5cm).  Ils ont au moins un photomaton sur place (10 euros pour 4 photos, ils se gavent). Dans le cas de Georges, je suis allé faire redimensionner ses clichés chez un pro. Une belle galère, dont on s’est pas mal tiré. Dossier déposé, visa tamponné !

Un dossier comprenant quatre formulaires, dont deux inutiles, que l’on vous rend gentiment en guise de souvenir, sont à remplir. J’en ai eu droit à un de plus que Georges, en ma condition d’étrangère du pays de résidence. En sa qualité de journaliste, Georges a dû signer un papier stipulant qu’il n’exercera pas sa profession. Le dépôt du passeport est obligatoire. Cinq jours d’immobilisation pour mon Dindon, 13 pour moi. 83,30 euros de frais pour Georges, et 106,30 pour ma pomme. Voyez la différence ? A ce prix là, on n’a pas eu trop de mal à s’acquitter des 3 euros nécessaires au suivi du dossier par sms.

Le retrait du visa est tout aussi sympa. En dépit du file longue d’une quarantaine de personnes, seulement deux guichets sont ouverts, pendant qu’une vingtaine d’employés « dindonnent » derrière les guichets. Je me lève en me dirigeant vers le plus jeune, je prends mon air menaçant, et je demande expressément à l’employé consulaire de me remettre ce que je suis venu chercher. 20 secondes après, il me tend un reçu et nos passeports estampillés « Indian Visa »

Australie (conditions d’obtention différentes)

Georges : Autorisation à demander en ligne (sur le site de l’ambassade australienne) au moins 48 heures avant de poser le pied au pays de wallabies, et c’est gratuit !

Salma :  Accroche-toi, il m’a fallu imprimer et remplir un formulaire de 15 pages (Subclass 600 parmi une cinquantaine d’autres formulaires, notice lire attentivement sur le site de l’ambassade pour déterminer lequel choisir). Joindre les trois derniers relevés de compte ou bulletins de salaire, deux photos d’identité classiques, carte de séjour et RIB. Dossier à envoyer à Madrid par courrier postal en recommandé. Dès réception du dossier, prélèvement de 125 euros, puis réception d’un mail invitant à se présenter dans les 15 jours au centre biométrique de Paris. On vous tire le portrait, on vous prend les empreintes… et 41 euros. Réception du visa par mail, 5 semaines plus tard. A imprimer et à garder bien, bien au chaud. Visa valable un an, sans être autorisée à travailler.

Etats-Unis (conditions d’obtention différentes)

Salma : Contrairement à ce que l’arrivée au pouvoir de la « Trumpette » m’a fait craindre, les Etats-Unis sont plutôt souples et efficaces. Ils sont aussi plus rapides… et plus cher. On n’en attendait pas moins des Ricains.

Oui, le formulaire en ligne est long, ne pas oublier d’enregistrer chaque page car en cas de bug (ce qui arrive plus souvent que l’on ne le croît), tout est à refaire. Une fois le formulaire rempli et enregistré, on paye. Et cher. 152 euros de frais de dossier plus 26 euros pour la correspondance si l’on n’a pas la possibilité de se déplacer à l’ambassade. Une photo aux normes américaines (les mêmes que l’Inde), est nécessaire. Cela vous coûtera cependant 5 euros de moins. Donc faites plutôt les USA avant l’Inde pour bénéficier de photos moins chères. Il n’y a pas de petites économies.

A l’entrée du consulat lors du retrait de dossier, il vous faut présenter la convocation… que j’avais zappé d’imprimer (Ca me ressemble tellement)). Pas d’imprimeur dans l’un des quartiers les plus huppés de Paris. Je tourne, je vire, sans savoir trop quoi faire. Et puis je décide d’y aller « à la gueule », j’enfonce les portes du Sofitel façon DSK, je me présente à l’accueil comme une cliente contrainte d’imprimer au plus vite un document crucial. On me dirige vers une salle plein de de Mac Book flambants neufs connectés à d’imposantes photocopieuses. Gagné.

Dernière étape : l’entretien. Et oui… Rapide cependant. A l’issue de ce rendez-vous, vous êtes vite fixé. J’avais ramené tous les justificatifs possibles et imaginables. Je ne les ai même pas sorti. Visa accordé pour 10 ans, récupéré 5 jours plus tard. « Good bless America ».

Georges : Formulaire à remplir en ligne au moins 72 heures avant d’atterir chez l’Oncle Sam. On fera ça depuis le Mexique ou Cuba. Cette autorisation sera valable 2 ans, elle est gratuite, et s’appelle l’Esta.

L’Angleterre (conditions d’obtention différentes)

Salma : « Great » (Britain) rien du tout. Des lourds. J’ai découvert par le plus des hasards – en allant me faire prélever les empreintes pour l’Australie – que les zones internationales, en Angleterre, nécessitent un visa. Je m’étais au préalable renseignée sur leur site et présentée a l’ambassade. Je pensais qu’avec ma carte de séjour valide française, en ne changeant pas de terminal, et en ne restant que 4 heures en transit à l’aéroport avant de m’envoler vers l’Inde, un visa n’était pas nécessaire.

Eh ben que nenni ! Il existe même deux sortes de visas de transit, celui de moins de 24h, où l’on ne sort pas de l’aéroport, et celui de 48h maximum, où une sortie de l’enceinte de l’aéroport seulement est tolérée. Mais avant cela, il faut encore passer par la case formulaire. Qui plus est sur un site aussi fiable qu’une ambassade marocaine. Résultat : une soirée de 4h consumée sur une plate-forme nécessitant une inscription préalable. Pénible. Et cher : 77 euros de claqués, et un passeport immobilisé entre trois et cinq semaines… A moins de payer 63 euros de plus contre une copie conforme conservée par l’ambassade. Ni très moral, ni très écolo. Mais je n’ai pas le choix. Je n’en suis tout de même pas rendu à choisir l’option « Emergency one week premium ». Réponse en une semaine, sans même se déplacer au consulat. Coût du délire : 1800 euros.

Comme pour les States, un entretien est nécessaire. Et puis ça blague pas : 4h d’attente, sans pouvoir toucher à ton smartphone (j’ai été rappelée à l’ordre à deux reprises pour avoir écrit à Chéri  » Chéri j’en peux plus :-((((((((« ). Le clou du spectacle : on a même attendu que ces Messieurs, Dames prennent leur pause déjeuner.  Enfin viens mon tour, entretien rapide et efficace, prise d’empreintes, en attendant le précieux visa délivré par mail dans la semaine. Dès lors, il s’agit de le récupérer sous huit jours. Sinon, on est marron.

Georges : Comme d’hab, pas de souci pour lui !

Le reste du monde

Pour le reste, et notamment l’Asie, on demandera nos visas birmans en Inde, où les choses devraient être plus faciles. Dès notre arrivée au Myanmar, on se chargera du visa thaï. Georges payera son droit d’entrée directement à l’aéroport. En Australie, je demande mon visa néo-zélandais et argentin, si on a le temps, sinon faudra le trouver. En tous les cas, les démarches devraient être moins chronophages. Le visa USA me dispensera de quelques pays d’Amérique Latine. Pour le reste, on creuse encore.

Pour info, beaucoup d’économies de temps et d’argent ont été réalisées de par le fait que je vive à Paris. Mes déplacements aux consulats et ambassades m’ont permis d’éviter les délais et frais postaux.
C’est déjà ça.

En résumé

INDE

Salma : Check

Georges : Check

NÉPAL

Salma : Check

Georges : Check

BIRMANIE (MYANMAR)

Salma : à faire en Inde

Georges : Idem

THAÏLANDE

Salma : à faire en Thaïlande

Georges : à l’entrée au pays

VIETNAM

Salma : Check

Georges : Reconduction de l’exemption à vérifier

CAMBODGE

Salma : à faire lors de l’arrivée à l’aéroport

Georges : Idem

MALAISIE

Salma : à faire lors de l’arrivée à l’aéroport

Georges : Idem

INDONÉSIE

Salma : à faire lors de l’arrivée à l’aéroport

Georges : Idem

SINGAPOUR

Salma : à faire lors de l’arrivée à l’aéroport

Georges : Idem

AUSTRALIE

Salma : Check

Georges : Autorisation à demander 48 heures avant

NOUVELLE-ZELANDE

Salma : A faire en Australie

Georges : ?

ARGENTINE

Salma : A faire en Nouvelle-Zélande

Georges : ?

BRESIL

Salma : Pas de visa

Georges : Idem

BOLIVIE

Salma :  à faire lors de l’arrivée à l’aéroport

Georges : Pas de visa

PEROU

Salma : Pas de visa

Georges : Idem

EQUATEUR

Salma : Pas de visa

Georges : Idem

COLOMBIE

Salma : ?

Georges : ?

PANAMA

Salma : ?

Georges : ?

COSTA RICA

Salma : ?

Georges : ?

NICARAGUA

Salma : ?

Georges : ?

HONURAS

Salma : ?

Georges : ?

SAN SALVADOR

Salma : ?

Georges : ?

GUATEMALA

Salma : ?

Georges : ?

MEXIQUE

Salma : ?

Georges : ?

CUBA

Salma : Pas de visa

Georges : Idem

USA

Salma : check

Georges : à faire en ligne 72h avant l’arrivée (ESTA)

4 réflexions sur “Visez la galère des visas !

  1. Amal dit :

    Je viens juste de découvrir votre Blog, il est vraiment super. S’aventurer dans un grand voyage comme ça, c’est tellement courageux je trouve…( surtout pour toi Salma, je suis marocaine, j’habite en France depuis 3ans, et la paperasse est devenue mon pire cauchemar )
    Je suivrai votre aventure de près. Faites nous voyager!
    Très bon courage à vous deux!

    J'aime

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