Saru, femme de devoir

Les trois jours de bénévolat effectués au sein de l’école Victor Hugo de Katmandou (25-27 juillet), ont incontestablement constitué le cœur de notre semaine népalaise. Jugez par vous-même.
Katmandou, quartier de Chapali. Il est 9 heures et la main sur le cœur, les 130 écoliers de l’école Victor Hugo Manjushree Vidyapith entonnent solennellement l’hymne de leur établissement. Puis celui de leur pays sous le regard bienveillant de Saru Khakurel.
Femme de devoir, cette népalaise de 38 ans à la tête bien faite et au français frisant la perfection a épousé le rêve de son mari, Pramod, qui durant notre semaine au pays du cèdre, était malheureusement au chevet de sa maman, malade et alitée du côté de Delhi.
Mais qu’importe, Saru est assez forte pour tenir d’une main ferme le rêve qu’elle a embrassé avec son mari. Le concept : assurer une éducation gratuite et de qualité, calquée sur la pédagogie française et dispensée à la frange la plus déshéritée de la jeunesse népalaise.
Tout cela par le biais de dons, et de réseaux qu’à su tisser le couple grâce à l’agence de voyage familiale. Le tout saupoudré d’une bonne poignée de petites mains désireuses de s’immiscer dans ce projet. Imaginez, nous étions une vingtaine de bénévoles à mettre la main à la pâte, pour rendre un peu plus beau ce qui l’était déjà.
Simple et suffisamment efficace pour que l’affaire tourne. De l’art de joindre l’utile à l’agréable.
DSC04416.JPG
L’école Victor Hugo
« La pauvreté, le manque d’argent, les enfants n’y peuvent rien, expose Saru. Le concept originel, était d’offrir une éducation de niveau international à des enfants qui n’en avaient pas les moyens. Nous sommes une école privée dont 90% des élèves ne payent rien. » Et où les cours sont parfois dispensés par la ribambelle de bénévoles venus des quatre coins du monde, mais majoritairement de France, avec laquelle VHMV entretient des liens particulièrement étroits.
« L’école ne vivrait pas sans ces donateurs qui offrent de leur temps et de leur argent », confirme dans un sourire aussi éclatant qu’assuré la grande brune au grain de peau doré par le soleil népalais. « 90% de nos mécènes sont français, et ont connu notre école soit grâce à l’agence de voyage, soit grâce aux personnes que nous avions connues en France. » Saru développe : « Pramod est arrivé en France en 1991, et en dépit du fait qu’il soit Brahmane (la caste la plus prestigieuse de la population népalaise, NDLR), il n’a pas connu une enfance épanouie. Sa maman travaillait beaucoup et a fait énormément pour lui. Depuis cette époque, il a toujours été très sensibilisé au mal-être des enfants démunis. » Depuis, cette cause est devenu un projet de vie. Et par amour autant que par sensibilité personnelle, la jeune femme lui a emboîté le pas.
« On s’est rencontré en 1998 lors d’un de ses retours au Népal. Puis je l’ai suivi en France en 2000 avant de rentrer au pays 5 ans plus tard, tout en ayant ce projet en tête. » Un projet en marge de la pédagogie népalaise. « On a connu deux tentatives infructueuses car l’éducation que l’on souhaitait dispenser ne collait pas avec la pédagogie du Népal. » Des chiffres, des lettres et du par cœur. Une perception aux antipodes de la vision du couple, déterminé à imposer sa philosophie. « Pour nous, apprendre, c’était aussi se pencher sur l’art, sur la culture, les règles de vie, les méthodes pédagogique ou encore le développement de l’esprit critique. » Une sensibilité qui a fini par toucher l’un des futurs magnats du monde de l’entreprise et de la finance.
« En 1997, Pramod a rencontré  Tristan Lecomte, fondateur d’alter-éco. Il lui a fait part d’un rêve qu’il n’avait pas les moyens de réaliser. Et pour lequel il l’a aidé. Puis en 2010, l’école a changé de directeur avec l’arrivée de Pramod. »
Un déclic, une grande claque, un coup de pied dans la fourmilière du système éducatif népalais.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s