Inley, la Venise birmane

Sur les bords du lac Inley, au nord-est de la Birmanie, la vie est un long fleuve tranquille

Notre expérience birmane dans son ensemble fut empreinte de découvertes aussi déconcertantes que magiques, mais aussi et surtout de milliers de sourires birmans, parfois un peu moqueurs, parfois curieux, mais toujours amicaux et bienveillants.
Pendant que l’un des dindons, par le soleil devenu blondinet, a particulièrement été marqué par Bagan et ses milliers de temples, le dindon bien brun, fut lui dépaysé par les villages entourant le lac inley. Dont nous avons honteusement oublié les noms. Fort heureusement, les souvenirs, eux, sont toujours bien présents.
A l’issue de nos trois jours de Treks, évoqués lors d’un précédent article, on a cru retrouver à Inley et ses bars et restos pour touristes, le même Disneyland que celui du trekker occidental, entrevu au départ de Kalaw.
Une escale d’une nuit s’est pourtant transformée en trois jours complets, une fois qu’à notre grand émoi, nous découvrîmes la vie sur l’eau des villages jouxtant les bords du lac. Un plan d’eau de 25000 hectares, sous ou au-dessus duquel une petite centaine de races de volatiles et de poissons jouissent d’une existence paisible.
Une vie dans les airs, l’autre sous l’eau. A l’image des deux facettes entraperçues durant ce court séjour. La première authentique, l’histoire de la vie quotidienne sur un lac. L’autre bien plus touristique, faite de visites d’ateliers de bijoux, de cigares, de restos touristiques au cours d’une journée plus balisée qu’organisée par notre « capitaine » de pirogue.
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L’entrée vers 17h de ce petit monde 
Jour 1 : Avec nos copains Tim, Charly, Lea, Kerry et Brian, nous nous sommes risqués, à notre péril et à notre plus grande peine, à une dégustation de vins birmans. Un affront à la culture viticole, mais passons.
A dix minutes de tuk-tuk de cette « winery » pour clodo aviné, nous atterrîmes dans un minuscule village, où pour une fois, la quiétude n’est jamais perturbée par le bruit du moteur bas de gamme des pirogues thermiques. Longue vie aux rames et à l’huile de coude, ou plutôt de genou, vu le jeu de jambes des pêcheurs et marins birmans. Et à la façon dont ils font tournoyer leur perche de bambou à la seule force de leur cuisse et de leur mollet.
Une beauté, un calme, une authenticité, un moment hors du temps apprécié à sa juste valeur pendant les 30 à 40 minutes de balade, sa durée étant souvent  conditionnée par le tour de cuisse du capitaine.
Durant cette grosse demi-heure, des maisons de toutes couleurs et de toutes formes, montées sur pilotis, flattent nos pupilles. Une hauteur suffisamment conséquente pour que le sous-sol ouvert face office de buanderie, de salle de bain, de point d’arrimage de la pirogue familiale. Entre les petites têtes d’enfants sortant leur nez des fenêtres, et le brossage de dents des jeunes filles sur leur perron flottant de leur maison, nous avons plongé dans l’inconnu, l’exotique, l’essence même du voyage, du dépaysement, de la découverte.
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On sourit pour la photo uniquement, absolument pas ce vin.
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Ramer sur le lac Inle, c’est le pied! 
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Petite lessive avant le repas en posture confortable et pratique! Georges s’entraîne dur pour la reproduire
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Trafic totalement légal de gasoil
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Reflets de voyage
Jour 2 : Avec la joyeuse troupe, on a décidé de faire les choses en grand. Grande pirogue, gros moteur et petits sièges à coussinets pour un confort optimal du postérieur des « touristos ». 10 heures : départ pour une journée pleine autour du lac. Une mascarade, une nouvelle occasion de constater combien l’industrie du tourisme parvient à s’instiller jusque dans les petits coins de paradis reculés.
Notre chauffeur de pirogue s’agaçait de sentir son bateau s’accrocher à une végétation luxuriante. D’après mes petites recherches, j’ai appris que le flux de touristes pousserait les locaux à augmenter les proportions de leurs cultures. Les paysans ont donc logiquement empiété sur l’eau, tout en y puisant la consommation nécessaire pour répondre à cette demande. Un danger pour la faune, la flore, en raison de l’augmentation du niveau de vase, et de la baisse de celui de l’eau.
Nous avons nous-mêmes été témoins d’une scène assez surréaliste. Un restaurant, perché dans sa masure sur pilotis, faisait sa plonge dans un évier placé au-dessus de l’eau. Dont le système d’évacuation était bien évidemment inexistant. Comme dans les toilettes, visiblement…
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Départ sur la pirogue du futur
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Des passages de plus en plus étroits et une profondeur du lac en continuelle diminution
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Étendue d’eau bordée de collines, ornées de temples! Dommage pour le climat.
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Des petits villages et d’autres plus grands mais tous beaux. 
De son côté, notre taxi boat nous a gentiment débarqué à trois reprises afin de découvrir des ateliers  de bijoux, de cigares… un magasin de tout et de rien. Qui a cependant retenu notre attention durant cette rencontre avec de touchantes femmes Kayan tibéto-birmanes, parées d’anneaux de fer autour du cou et des membres, modifiant ainsi leur physionomie. Ces femmes au long cou sont originaires du nord de la Thaïlande comme de la Birmanie, et sont malheureusement devenues une attraction touristiques.
Il était malgré tout incroyable de les voir, de communiquer, dans un cadre exceptionnel en dépit de ce petit goût amer. Même si ce deuxième jour fut  un peu trop convenu à notre goût, le sourire birman – et l’humour des copains – ont largement eu de quoi nous consoler.
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Le petit magasin de touristes avant le grand. Allez sois mignon, achète!
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Femmes Kayan, ou long-cous…
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Un retour pluvieux mais un dindon au sec et content de sa journée ^^

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