Winikunka : la tête dans les nuages

La Montagne des sept couleurs ne nous a quasiment réservé que du blanc. Il faut dire qu’à plus de 5000 m d’altitude en pleine saison des pluies, la probabilité d’atteindre les sommets dans un gros nuages blanc est inversement proportionnelle à l’espérance de vie d’un ceviche face à mon coup de fourchette
De fines tranches de poisson frais seulement cuites dans du jus de citron vert parfumé de coriandre et de fleur de sel. Le tout sous un lit d’oignons rouges parsemé de maïs grillé. Pour atténuer le tout, quelques tranches de patates douces conférèrent un surplus de gourmandise à ce met infiniment délicat. Le genre de madeleine de Proust ayant de quoi ravigoter le vaillant « finisher » du mont Winikunka, plus connu sous le nom de Montagne des 7 couleurs.
Ceviche-de-Pescado
Du poisson cru, de la coriandre, de l »oignon, du citron, du leche de tigre, du maïs bouilli ou grillé et de la patate douce : le Ceviche, ça ressemble à ça
Non pas que le spectacle ne soit pas à la hauteur de nos attentes – bien que nous concernant, il fut largement gâché par un brouillard aussi épais qu’un sénateur en fin de mandat – mais la montée, elle, vaut largement sa récompense… visuelle comme gustative.
Car à plus de 5000 m, on a tendance à moins faire le malin. Quand bien même la montée du Winikunka (son nom en quechua) ne vous demande que deux ou trois heures d’un effort continu. Durant lesquelles les périodes de chaud-froid s’alternent, au point de commencer l’ascension en tee-shirt, et de la finir en doudoune, ou inversement.
Au moins peut on se targuer d’avoir fait tout cela avec nos petits pieds, devant un mulet bavant son épuisement sous le poids de touristes à la panse tendue.
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Le quart d’heure de repos du canasson, avant d’effectuer un nouvel aller-retour pour transporter l’arrière train des touristes les moins enclins à atteindre le sommet à pied
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Les Cholitas en profitent elles aussi pour casser la graine
Côté spectacle, on se pensait verni, deux jours après la déception du Macchu Pichu. D’impressionnantes chaînes au relief abrupt et à la couleur rouge-orangée, tranchant avec les 50 nuances de vert d’une végétation luxuriante, des troupeaux de lamas et d’alpaga prêt à vous renifler les doigts, si un chips ou un carré de chocolat est récemment passé par-là… la journée s’annonçait belle.
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Sur le chemin, le décor reste encore majestueux. Même si nous ne tarderons pas à être rattrapés par le brouillard…
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Un flux de touristes continu gravit chaque jour la montane des 7 couleurs
Si seulement la récompense, avait été à la hauteur des efforts d’un dindon marocain au moins aussi exténué que Maurice Hertzog en 50, au sommet de l’Annapurna. Malheureusement pour eux, les braves sont aussi soumis à dame nature la lunatique. Vu l’épaisseur du brouillard, notre appareil photo nous fut aussi utile qu’une paire de jumelles le serait pour un aveugle. Au moins se sera-t-on consolé en ramenant de la haut un cliché, stipulant via un panneau, qu’on avait bien passé le cap des 5000. Pour autant, on y aura pas trouvé le 7e ciel.
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Voici la preuve !
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La Montagne des 7 couleurs sous un brouillard à couper au couteau

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